
Désert humide
Nulle âme en ce chemin
Où près du sapin noir
La lande est d' or fondu.
Il n' y a pas de chien,
Pas de gibier, ce soir
Si laiteux, au fond du
Paysage,
Où le nuage
Affaibli et timide
Sur la bruyère humide
Avoue son impuissance
Et discret se dissout,
Laissant la noire essence
Et, prosterné dessous,
Le buisson orageux
Qui cache le chemin
Où personne, par jeu,
Un caillou dans la main,
Ne mirerait cette eau
Grisâtre et sans canards.
Cinq heures.
Il est bien tôt
Pour voir les gris huppiers
Se parer de lumière
Lors que dans les chaumières
Le feu est chaud au pied.
Ce n' est jà plus la pluie
Qui amortit les bruits.
Mais l' homme en noir est là
Tout sapin qu' il paraît
pour conter sans un mot
Que quand tu n' es pas là
Que quand tu disparais
La terre...
est solitaire.
Novembre 1995